Ta douleur vient que tu dépends
du regard des autres et que tu ne connais
rien de ta beauté.
Papaji
Les troubles de l'occlusion
L’occlusion se définie comme la fermeture de la bouche lorsque les dents des maxillaires supérieures et inférieures (ou mandibule) entrent en contact.
Un engrenage correct des dents inférieures et supérieures, considère que les creux d’une dent prend place dans les bosses de l’autre, on parle alors d’intercuspidation maximale. Ce contact ne dure en fait qu’une demi seconde, (lors de la déglutition salivaire), qui se produit de manière réflexe une fois par minute.
Notre système de perception neurologique est sensible à une variation de 0.01 mm soit 1 centième de mm, c'est-à-dire l’épaisseur d’un cheveu, et ceci grâce à ce que l’on appelle des propriocepteurs. Ces microscopiques capteurs neurosensoriels enregistrent les positions dans l’espace tridimensionnel ainsi que les mouvements de pression, tension ou torsion ; toutes ces informations sont transmises au Système Nerveux Central.
Prenons le cas d’une dent "trop haute" de quelques centièmes de millimètres suite à un amalgame. Une fois par minute, 60 fois par heure, cette surélévation va perturber le bon équilibre de l’occlusion, soit par évitement, soit par contraction musculaire augmentée (pour atteindre en dépit de l’obstacle le contact avec les autres dents). Ceci va finir par entraîner une dérégulation permanente de la fonction neuromusculaire des mâchoires et du crâne. Et cette dernière va avoir pour conséquence les troubles suivants:
· bruxisme nocturne ou "serrement" excessif des mâchoires qui grincent. Cela va entraîner une érosion et abrasions dentaires, une mobilisation et pertes de dents, une contracture et douleurs des muscles de la mâchoire et de la face, pouvant donner naissance à des tics. Ces systèmes de tensions, par action sur les chaînes musculaires du corps, peuvent entraîner des douleurs dites descendantes, vers tout le reste du corps. Celles-ci peuvent aller jusqu’aux pieds, en passant par la hanche et le genou, donner naissance à des lumbagos, et selon les dernières études au phénomène de fibromyalgie, c'est-à-dire de douleurs généralisées du corps avec fatigue physique et psychique généralisées, voir dépression.
· des douleurs de l’Articulation Temporo-Mandibulaire (ATM) avec parfois une irradiation sur la face (céphalées, migraines, névralgies) et les muscles du cou et du trapèze. Le S.A.D.A.M., ou Syndrome Algo-Dysfonctionnel de l’Appareil Manducateur, en est l’une des manifestations. Dans certains cas, une répercussion sur l’oreille s’additionne, pouvant donner naissance à des bourdonnements, des sifflements, des acouphènes, et des vertiges associés.
tatistiquement, on estime à 75% la proportion de gens sujets à des troubles de l’articulé dentaire et ceci à des degrés divers.
Il existe en gros, deux origines possibles à la base du trouble. Nous les appellerons les problèmes ascendants et descendants.
Les problèmes descendants sont, en fait, les cas où l’origine des douleurs du corps est liée à un problème purement dentaire. C'est-à-dire à l’usure naturelle du système qui ne s’engraine plus correctement entre le haut et le bas, ou par travail dentaire incomplet. Ces mauvais contacts dentaires entraînent toute une chaîne de compensations neuro-musculaires à l’origine de certaines douleurs du dos ou des articulations périphériques, pouvant aller jusqu’à une phase dépressive associée à un malaise général. Dans ce cas, le travail est à faire par un spécialiste de l’occlusion dentaire.
Les problèmes dits ascendants sont ceux où la mâchoire se retrouve dans une mauvaise position suite à un problème mécanique extérieur, et que la mâchoire ainsi que les contacts dentaires s’en trouvent altérés. C’est le cas des traumatismes directs de la mâchoire, de certaines déformations du crâne chez les enfants ou les adultes.
C’est également le cas dans les troubles importants de la posture. En effet, il a été démontré qu’une atteinte des appuis plantaires, qu’une bascule du bassin, ou encore une atteinte des cervicales modifiait la position de la mâchoire et donc l’occlusion. Dans ces cas là, il faut travailler la mécanique vertébrale pour vérifier, seulement après, le bon fonctionnement ou non des contacts dentaires. Travailler une occlusion sans corriger le squelette dans sa globalité, c’est créer artificiellement des mauvais contacts et donc créer un problème descendant en réaction.
Beaucoup de cas sont mixtes, c'est-à-dire qu’ils sont composés d’un facteur descendant et ascendant d’où l’intérêt de travailler en complémentarité avec le dentiste et notamment dans les gros travaux dentaires comme les appareillages et l’orthodontie.
